Bénin:  La France restitue 26 oeuvres culturelles volées et l’on parle de “courage politique” 

La France restitue au Benin, 26 oeuvres culturelles volées et l'on parle de "courage politique"  Il se passe des choses incroyables dans les relations entre la France et les pays francophones d'Afrique qu'il est difficile à un esprit lucide de comprendre.

Voyons, depuis août 2016, le gouvernement béninois a formulé une demande ferme en vue de se voir retourner, des oeuvres culturelles et artistiques qui avaient été volées par les colons français pendant la période coloniale, soit précisément en 1892.

Ces oeuvres qui, depuis lors, ornent les musées français, génèrent d’énormes ressources financières à l’ancienne métropole pendant que le pays propriétaire n’en bénéficie même pas.

Ainsi donc, après moult tergiversations, Emmanuel Macron, le Président français, annonce que 26 oeuvres sur des milliers, seront finalement restituées au Bénin.

Pour la circonstance, le ministre béninois de la culture Jean-Michel Abimbola, fait le déplacement de Paris où, sur les chaînes internationales, il tombe dans le piège de soutenir qu’il s’agit là, d’un courage politique de la France qu’il salue. Courage politique dans un cas de restitution d’œuvres pillées et confisquées pendant plus de 130 ans?

Honnêtement, cela perturbe un peu mon esprit, mais bon, l’on nous parlera sûrement de la real politique, de la diplomatie etc.

Mais sérieusement, dans mon entendement et au regard des faits, je pense que celui qui, dans ce cas précis, a fait preuve de courage politique, n’est rien d’autre que le gouvernement béninois lui-même. Mais alors pourquoi ?

Précisément parce que justement, les oeuvres culturelles volées par la France à l’Afrique se comptent par centaines de milliers, mais très peu de chefs d’États de l’espace francophone, ne se donnent cette peine de réclamer celles-ci.

Les raisons, tout le monde peut aisément les imaginer, soit ils ont peur d’oser face à leur maître d’hier et d’aujourd’hui, soit ils n’en voient même pas l’intérêt et donc l’utilité.

C’est ici d’ailleurs que la réflexion devient intéressante. Que savent nos dirigeants de ce que valent les oeuvres culturelles dans un pays?

Cette question est si pertinente que l’existant lui-même, n’est ni considéré ni entretenu dans ces pays avant que l’on ne s’imagine qu’une revendication des oeuvres détenues par le colon serait faite.

Or ce faisant justement, nos pays qui, jusqu’à présent, naviguent à vue du fait de l’hybridation culturelle, manquent finalement de repères, à partir desquels, ils pourraient définir leurs politiques de gouvernance et donc de développement.

Car justement, la culture qui doit se comprendre comme l’immarcescible et consubstantiel complément de la nature humaine, est le seul et vrai ressort devant servir de pilier à toute politique de développement d’un pays.

Mais avec la marge qui lui est réservée et le rang qu’occupe ce secteur de la culture dans les plans actuels de gouvernance de nos pays, l’on peut aisément comprendre toutes les peines que nos États éprouvent pour sortir la tête de l’eau.

Mais qui pour reconfigurer l’esprit de nos dirigeants en Afrique par rapport à cet impératif de faire de la culture, le soubassement duquel découle la vision sur le devenir d’un peuple ? La question reste entière et l’errement de nos pays aussi !

Luc Abaki

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous maintenant.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Résoudre : *
36 ⁄ 18 =


Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite