Coupe de la Caf: Horoya éliminé certes, mais quelles leçons pour l’avenir ?

Le seul représentant de l’Afrique sub saharienne Horoya Ac de la Guinée a été éliminé lors de la demi-finale qui l’opposait au club égyptien de Pyramids. Si le champion guinéen n’a pas démérité, il faut désormais que les dirigeants du club en arrivent à imposer aussi leur point de vue à la hauteur de ce que vaut cette équipe aujourd’hui

Horoya Ac fait partie des meilleurs clubs africains pour l’heure. La seule équipe au sud du Sahara à bousculer la hiérarchie imposée par les clubs maghrébins si l’on se réfère au carré d’as des deux compétitions africaines de club cette année. Cette place du club guinéen ne traduit rien d’autre que la vision des dirigeants qui, à l’instar du TP Mazembé par exemple, entendent hisser Horoya au sommet du football africain. Eliminé en demi-finale de la coupe de la Caf ce mardi 20 Octobre 2020 au Maroc par le club égyptien de Pyramids, Horoya AC n’a pas eu la tâche facile lors de tout le processus qui a conduit au match. Difficulté qui n’explique nullement la défaite mais il faut désormais que la valeur actuelle du club pousse les dirigeants à imposer leur autorité dans la sphère du football continental. Un jeu très malin auquel se livrent les pays maghrébins depuis des lustres et qui marchent parfaitement à leur avantage.

  • Du choix du Maroc

Dès la désignation du Maroc pour abriter le Final 4 de la Coupe de la Confédération, Horoya devrait déjà imposer son autorité. Même si cette désignation a été faite sur la base d’un appel à candidature, le Maroc seul pays en lice avait à cette étape deux équipes en demi-finale. Ce qui voudrait dire qu’une des équipes jouera obligatoirement la finale à domicile. Et tout y sera mis en œuvre pour avantager l’équipe là. Si le choix était porté sur un pays neutre, toutes les déconvenues enregistrées par Horoya depuis son arrivée au Maroc pour le stage jusqu’au match auraient enlevé toute suspicion.

Le même cas de figure s’est présenté où l’Egypte s’est portée candidate pour accueillir le Final 4 de la ligue africaine des champions après le désistement du Cameroun. Le Maroc avait alors souhaité soutenir la candidature de la Tunisie considéré comme un pays neutre n’ayant aucun représentant dans le carré d’as. Les deux demi-finales devant opposer deux clubs égyptiens et deux clubs marocains. Le refus du Maroc fut catégorique face à la candidature de l’Egypte. L’option des matches aller-retour ayant finalement été adoptée. La suite on la connait et c’est l’Egypte qui a été tiré au sort pour accueillir la finale.

  • A l’école de la ruse maghrébine

Aujourd’hui grand club d’Afrique, Horoya doit aussi tout mettre en œuvre pour démontrer sa valeur. A l’instar de la majorité des clubs maghrébins qui sont très rusés et trouvent rapidement des astuces pour tirer l’avantage de leur côté, il faudrait que Horoya et aussi les pays au sud du Sahara en arrive à contourner cette ruse maghrébine. Dans plusieurs cas, les maghrébins contestent soit l’arbitrage ou créent des situations inconfortables aux adversaires. Dans le cas précis de Horoya, nombreux sont les fois où si les matches retours de compétition se déroulent dans l’un des pays du Maghreb, tout est mis en œuvre pour déstabiliser le groupe devant des dirigeants impuissants. A l’opposé, il est parfois aisé de voir que Horoya dresse tapis rouge à domicile à des adversaires qui, dans leurs pays leur ont fait toutes les misères. Dans le cas actuel de la ligue des champions par exemple, les deux équipes marocaines en demi-finale ont été battues à domicile par les deux équipes égyptiennes. Et pour le match retour prévu en Egypte, le Maroc demande le report du match en raison de la contamination de quelques joueurs du Raja au coronavirus. Et plus grave le Maroc à travers un courrier signé du délégué du ministère de la santé a demandé la mise en quarantaine de tous les joueurs du Raja avec interdiction de quitter le territoire en attendant de refaire une PCR à la date du 27 Octobre 2020. Sachant bien que le match retour est prévu en Egypte le 24 Octobre, il apparait clairement que le Raja tout comme le Wydad battu par Al Ahly ne se rendront pas en Egypte pour les demi-finales retour. Une autre ruse marocaine qui intervient au même moment où, un club égyptien Pyramids est actuellement au Maroc et est qualifié pour la finale de la Coupe de la Confédération contre un club marocain. Que se passera-t-il ce 25 Octobre si le club égyptien aussi faisait apparaitre une ruse comme ils savent tous le faire ?. Ce qui met en difficulté la confédération africaine de Football qui se retrouve déjà dans le gouffre.

  • La Caf vers le chaos

Une véritable tempête se prépare dans le ciel de la Confédération africaine de football. A trop vouloir des soutiens dans les pays maghrébins, la situation risque de se retourner contre l’institution africaine de football. Beaucoup de situations compliquées pèsent sur la Caf. Et cela s’ajoute de jours en jours. La pandémie actuelle de Coronavirus qui oblige la Caf à jouer les derniers matches des compétitions de clubs ne va-t-elle pas pousser au chaos ?

Que se passera-t-il les jours à venir ? Le Maroc à travers ses autorités ne donnent pas le feu vert au club de Raja de se rendre en Egypte pour jouer la demi-finale retour de la ligue des champions contre le Zamalek. Dans le même temps, un club égyptien est qualifié pour jouer la finale de la coupe de la confédération contre Berkane un club marocain à domicile. Horoya en a déjà eu pour ses comptes et quittera le royaume chérifien après son élimination en demi-finale mais gardera un mauvais souvenir de l’organisation de ce Final 4. Il est reconnu depuis des lustres la suprématie des clubs maghrébins sur le football africain mais dans le même temps il y a une rivalité forte entre eux qui vire souvent au désordre. Des situations souvent difficiles à trancher par la Caf. Et la solution pour Horoya ?

Horoya désormais grand

Le champion de Guinée n’a pas réussi l’exploit de se qualifier pour la finale et rêver soulever le trophée cette année. Un rêve brisé mais qui appelle à plusieurs réflexions de la part des dirigeants. Avec une administration aussi compétente il urge désormais que Horoya soit vu comme un grand club et que les choses se fassent aussi en grand. Il n’existe plus de petit club et le football est joué dans les mêmes conditions par tous. Horoya doit désormais imposer aussi son autorité. Les responsables de clubs africains sont tous des amis mais sur le terrain c’est le business du football qui prend le dessus de l’amitié qui est même parfois sacrifiée. Chacun doit désormais défendre ses intérêts même s’il faut briser l’amitié le temps d’un match de football ou d’une compétition. Savoir dire non quand il le faut et rester ferme sur sa position. Cette compétition organisée au Maroc sera la goute de trop dans ce vase et doit obliger l’administration de Horoya à revoir sa copie et se mettre désormais dans la peau d’un grand club qui marquer son passage. Les différentes personnes qui constituent le maillon de l’administration du club doivent désormais taper du poing sur la table et avoir aussi les ruses nécessaires au même rythme que les maghrébins. Plusieurs situations auraient pu être évitées lors de ce séjour marocain pour la demi-finale si le Horoya est resté ferme sur certaines positions en tant que grand club. Les quelques concessions faites au nom d’une certaine amitié ont eu des conséquences fatales.

Aujourd’hui, Horoya est un grand club d’Afrique et il mérite les respects dus à son rang. Un investissement colossal est fait pour ce club et il faut nécessairement que cet investissement ne soit vain. Le propriétaire du club Mamadou Antonio Souaré, également grand passionné du football africain ne serait-il pas temps qu’il prenne aussi en main sa gestion ? N’a-t-il pas les qualités nécessaires pour diriger le football africain et réparer les injustices ?. Horoya est désormais un grand club guinéen et de ce grand club ne pourrait-on pas faire apparaitre un grand à la tête du football africain ?. Il est temps d’y penser surtout que la date butoir est le 12 novembre pour le dépôt des candidatures.

Il faut juste y penser et y croire.

Christian ALLIKI

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