Émancipation de la femme au Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri, une nouvelle étape sous le règne de Mohammed VI
L’histoire politique du Maroc s’écrit désormais avec une nouvelle page. Le mardi 29 septembre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri Cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel exécutif.
La décision, prise en vertu de l’article 47 de la Constitution, intervient au lendemain des élections législatives et marque, selon les informations disponibles, la première nomination d’une femme à la tête du gouvernement marocain.
Cette nomination vient ainsi donner une nouvelle dimension à l’évolution de la place de la femme dans les institutions marocaines au cours du règne de SM le Roi Mohammed VI.
De la réforme de la Moudawana à la responsabilité politique
Depuis l’accession de SM le Roi Mohammed VI au Trône en 1999, la condition de la femme marocaine a connu plusieurs évolutions sur les plans juridique, institutionnel, politique et social.
L’un des principaux jalons de cette évolution reste la réforme de la Moudawana en 2004, qui a notamment consacré la responsabilité conjointe des époux au sein de la famille, fixé l’âge légal du mariage à 18 ans pour les deux sexes et renforcé l’encadrement juridique de la polygamie et du divorce.
La réforme a également reconnu à la femme majeure la possibilité de contracter elle-même son mariage, contribuant ainsi à faire évoluer le cadre juridique régissant les relations familiales.
Le chantier de réforme du Code de la famille s’inscrit aujourd’hui dans la continuité de cette évolution, avec des débats portant notamment sur les droits des femmes, la protection de l’enfance et la sécurité juridique des familles.
Des femmes aux responsabilités dans la diplomatie
L’évolution de la place des femmes s’est également manifestée dans l’appareil diplomatique marocain.
Plusieurs femmes ont ainsi occupé ou occupent des responsabilités importantes dans la représentation extérieure du Royaume, illustrant leur présence croissante dans les institutions de l’État et dans la conduite des affaires publiques.
Parmi les personnalités ayant marqué cette évolution figurent notamment Mounia Boucetta, Nabila Freidji, Bouchra Kadiri Boudchich, Wissane Zailachi et Nezha Alaoui M’Hamdi, nommées à différents postes diplomatiques.
Zoulikha Nasri, une présence féminine au Cabinet Royal
La présence des femmes dans les hautes sphères de décision s’est également illustrée au sein du Cabinet Royal.
Zoulikha Nasri, ancienne haute responsable de l’administration marocaine, est devenue conseillère de SM le Roi Mohammed VI. Son parcours constitue l’un des exemples de l’accès d’une femme à un niveau élevé de responsabilité institutionnelle au Maroc.
Son parcours dans les domaines économique et social a notamment illustré la place accordée à l’expertise féminine dans les grands dossiers de l’État.
L’accès aux responsabilités territoriales
L’évolution concerne également l’administration territoriale et les collectivités locales.
Des femmes marocaines ont progressivement accédé à des responsabilités politiques et administratives importantes, notamment dans les collectivités territoriales et les grandes villes.
Le parcours de Fatima Ezzahra El Mansouri s’inscrit précisément dans cette trajectoire.
Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, avocate de formation, elle a été présidente du conseil communal de Marrakech et députée au Parlement. Elle a également occupé, depuis 2021, le portefeuille de ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Elle est, depuis 2024, coordinatrice de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité (PAM).
Avec sa nomination à la tête du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri franchit une nouvelle étape dans son parcours politique.
À l’issue de son audience avec SM le Roi Mohammed VI, la nouvelle Cheffe du gouvernement a déclaré qu’elle entendait œuvrer à la formation d’un gouvernement à la hauteur des attentes du Souverain et des citoyennes et citoyens.
Elle a également présenté cette nomination comme un moment historique, soulignant qu’il s’agit de la première fois qu’une femme est appelée à diriger le gouvernement du Royaume.
Elle a annoncé l’ouverture de consultations avec sa formation politique ainsi qu’avec les autres partis en vue de constituer le nouvel exécutif et d’élaborer un programme répondant notamment aux attentes des jeunes.
Une évolution à plusieurs dimensions
L’émancipation de la femme au Maroc ne se résume cependant pas à l’accès à des postes politiques de premier plan.
Elle se décline également à travers plusieurs dimensions : juridique, politique, institutionnelle, économique et sociale.
La réforme de la Moudawana a constitué un volet majeur de l’évolution du statut juridique des femmes. La présence accrue de femmes dans les institutions, la diplomatie, les collectivités territoriales et les sphères de décision constitue un autre aspect de cette transformation.
L’accès à l’éducation, à l’emploi, à l’entrepreneuriat et à l’autonomie économique demeure, de son côté, un élément essentiel de cette dynamique.
Une première à la tête du gouvernement
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri vient ainsi inscrire un nouveau symbole dans cette évolution.
Après la réforme du droit de la famille, la progression de la représentation féminine dans les institutions et l’accès de femmes marocaines à des fonctions de responsabilité, la désignation d’une femme à la tête du gouvernement constitue une nouvelle étape institutionnelle majeure.
Le parcours de Fatima Ezzahra El Mansouri, de la mairie de Marrakech au gouvernement, puis désormais à la tête de l’exécutif, illustre cette progression des femmes marocaines vers les plus hautes responsabilités publiques.
Au-delà du symbole, la formation du prochain gouvernement et la mise en œuvre de son programme permettront de mesurer concrètement la nouvelle étape qui s’ouvre pour le Maroc.