Me Tchassona Traoré: « Ce n’est pas parce qu’on aura fait les élections que la crise sera derrière nous »
août 28, 2018 Par: Ambroise D
Cela fait bientôt un mois que la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a proposé aux acteurs politiques togolais une feuille de route pour une sortie de crise….
Cela fait bientôt un mois que la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a proposé aux acteurs politiques togolais une feuille de route pour une sortie de crise. Conformément à ce document qui appelle à des législatives le 20 décembre 2018, la Commission électorale nationale indépendante semble avoir mis sa machine en branle. Ce qui n’est pas du goût de la Coalition de l’opposition. Me Mouhamed Tchassona Traoré, un des responsables de ce regroupement, invite Kodjona Kadanga et ses collaborateurs à revoir leur copie au risque d’organiser un scrutin qui n’aura rien réglé à la fin.
Invité du D12, l’émission hebdomadaire de radio Pyramide Fm, dimanche dernier, le président du Mouvement citoyen pour la démocratie (MCD) est encore revenu sur la feuille de route de la CEDEAO remise à la classe politique togolaise il y a bientôt un mois. « Malgré tout ce que nous vivons, la feuille de route reste une piste que l’ensemble des Togolais doivent explorer avec plus d’intelligence et de sens de compromis. Nous ne pouvons pas tout faire à la fois, et nous ne pouvons pas tout avoir à la fois. Cette feuille de route-là a apporté un certain nombre de constantes ; et si nous nous investissons à travailler pour que cela puisse aboutir, alors nous ferons du chemin vers une sortie de crise », a déclaré Me Mouhamed Tchassona Traoré.
Et pour que cette feuille de route soit explorée avec « intelligence et sens de compromis », le notaire estime que rien ne doit se faire dans la précipitation. Il invite donc la CENI à écouter ceux qui ne sont pas contents d’elle, car, soutient-il, il ne sert à rien d’organiser des élections sans consensus surtout dans le contexte actuel. « …Ce n’est pas du tout aisé quand on voit qu’en attendant la mise en œuvre du chronogramme de la CEDEAO et de la mise en place du comité de suivi, la CENI fonce tout droit vers des élections d’une manière unilatérale. Et ça, je ne vois pas quel problème ça peut régler ». « A quoi serviraient des élections tenues dans cet esprit de défiance permanente ? Ce n’est pas le fait d’avoir des députés élus, fussent-ils d’un camp ou après boycott, qu’on aura réglé le problème ».
Selon Me Tchassona Traoré, il est même techniquement improbable que les élections puissent être organisées le 20 décembre. « Pour aller à des élections, il faut d’abord faire le recensement, est-ce que le recensement des compatriotes de la diaspora est possible dans cet intervalle de temps ? Il y a également le retard pris dans la mise en place du comité de suivi de la feuille de route de la CEDEAO qui a également promis une assistance technique par rapport à ces élections. Va-t-on à ces élections avec un scrutin de liste ou un scrutin uninominal à deux tours ? Si c’est à deux tours, il faudra modifier la loi électorale qui existe aujourd’hui. L’ensemble de ces questions et bien d’autres encore ne sont pas encore réglées. Tout cela nous laisse croire que la tenue des élections le 20 décembre n’est pas possible ».
Ainsi, pour éviter de tourner en rond, le candidat malheureux à la présidentielle de 2015 a émis le vœu que les facilitateurs, ensemble avec le comité de suivi, puissent “rapidement” venir avec « un chronogramme bien détaillé pour nous permettre d’aller de l’avant…