Le RAS LE BOL D’UN CITOYEN CAMEROUNAIS

ma contribution a l'élection présidentielle au Cameroun

 

Le jour de l’abolition de l’esclavage, certains esclaves avaient refusé leur liberté, car ils disaient 《 vous nous libérez maintenant, on va aller où ? ça fait 35 ans que je suis né esclave et je travaille esclave, je vais aller où ? Je n’ai jamais connu un autre monde que celui là… »

Et ils avaient raison ils n’en avaient jamais eu l’occasion. Après les champs de coton et de canne à sucre, c’était la mort.
Et quand certains nés avec une étoile différente pensaient différemment et proposaient de se libérer, tu avais d’autres esclaves qui disaient: «Non on ne te suit pas, c’est trop dangereux, ici au moins on est nourri même s’ils nous maltraitent, on va rester avec eux.»

Pendant les mouvements d’indépendance des pays africains, certains disaient: « Non nous, on veut rester colonisés, car même s’ils nous maltraitent, les blancs au moins nous nourrissent, construisent des routes, des écoles, des hôpitaux, alors il faut qu’on reste colonisés. »

Et ces gens là n’ont pas hésité à prendre les armes contre les Um Nyobé, Ouandie, Moumié….
Car ils aimaient la colonisation et ne s’estimaient pas près à s’en affranchir.

Aujourd’hui, 2018,
C’est exactement ce syndrome qui touche les gens qui votent Paul Biya.
Beaucoup le font parce qu’ils ne savent pas qu’ils peuvent s’affranchir. Ils se sont habitués à la médiocrité au point où ce qui devrait être normal pour eux est devenu un luxe.

D’autres ont peur: «Ne tente pas cailloux contre l’arme ? Revendiquer quoi ? Ne tente pas ! »

D’autres sont juste égoïstes. Puisque la situation actuelle les favorise ou un proche à eux, ils risquent de perdre leurs avantages avec un nouveau dirigeant. Alors tu as des ministres comme Famé Ndongo qui n’hésitent pas à danser en publique lors de meeting et se ridiculiser.

En fait, ceux qui se réveillent, ce sont ceux qui voyagent un peu. Ces derniers découvrent les soins de santé moins chers, voire gratuits;
Ils découvrent comment on arrange les routes tous les jours avec l’argent de leurs impôts;
Ils découvrent les pécules de vacances, les remboursements des impots, le 13e mois, quand tu as trop cotisé tu es remboursé;
-ils découvrent aussi la justice, comment quand tu as raison, tu es dédommagé et bien même ! Ton argent ne fuit pas. Tu restes comme ça, et tu découvres un virement dans ton compte, car tout est archivé et informatisé;
-Ils découvrent comment la foule sort dans la rue pour demander la démission d’un dirigeant et l’obtient;
Ils découvrent comment tout est propre dans leurs rues;
-Ils découvrent comment une fois diplômé, il y’a le travail, et pas besoin d’être le fils de quelqu’un, ou de tel…
Ils découvrent comment ils réussissent au concours d’entrée dans les grandes écoles, on les choisit pour leur intelligence au détriment même des nationaux blancs dans leur propre pays…
Ils découvrent tout ça et sont choqués que c’est possible dans un autre monde.

Et c’est l’une des raisons pour lesquelles tu ne verras jamais la diaspora soutenir Biya, ceux qui le font sont hypocrites, car ils savent comment est ce pays par rapport aux autres.

Un pays où tu arrives à l’aéroport de Nsimalen, il n y’a pas de lumière, tu arrives à celui de Douala il n y’a pas de toilettes… Et on veut accueillir la CAN.

Libérez vous de vos chaînes mentales. Un autre dirigeant, c’est un processus normal. Tu ne sers pas ton peuple tu dégages, le prochain ne sert pas le peuple, il dégage aussi, ainsi de suite jusqu’à trouver le bon.
Ça s’appelle la démocratie.

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