LE BÉNIN FRISE L’ASPHYXIE… TALON AUSSI.

 

Un drame à ciel ouvert se joue au Bénin. Les navires en direction de Cotonou sont déroutés vers d’autres ports de la région ou rebroussent simplement chemin. La fermeture des frontières de son grand voisin de l’est, le Nigéria en est l’unique cause et cela se comprend. Les 70% des marchandises débarquées sur les quais de Cotonou prennent la route de Lagos. De ce tour de passe-passe logistique, le Bénin tire de la substance si ce n’est pas tout simplement son existence. Les chiffres sont effarants et viennent du canal officiel.

Rien que pour les biens de consommation, le Bénin a réexporté en 2018 sur Lagos pour 738 milliards de fcfa. Aucun État structuré, aucun pays viable dont le PIB est de 4.500 milliards de fcfa et le budget de 1600 milliards fcfa ne peut se priver sur une année d’une manne de près de 800 milliards et maintenir ses équilibres fondamentaux et macro-économiques. Aucun. Le Bénin ne pourra faire exception.

Avec la situation de fermeture des frontières du Nigéria, Cotonou est entrain de voir fondre cette masse d’argent comme neige au soleil et en toile de fond toutes les conséquences sur les emplois, et la consommation.

Le Bénin n’est pas qu’un voisin du Nigéria, il en est un don. L’énormité de ces chiffres ne prennent même pas en compte la contrebande des produits pétroliers qui est à lui tout seul un phénomène socio-économique générant chez le petit voisin des dizaines de milliers d’emplois informels et maintenant en situation de mobilité la presque totalité du parc automobile national. Ces chiffres dejà gigantissimes ne prennent pas en compte non plus la sinistrose que vit la production locale de vivres qui a pour unique débouché le Nigéria.

Dans ces conditions, Cotonou manque d’air, et si le “blocus économique” continue, il va tomber en syncope. La contrebande va certes reprendre ses droits et le dessus. Mais il lui faut du temps et de la témérité pour qu’elle se réorganise autour de nouveaux modus operandi. Car en face, Abuja durcit les sanctions pénales et met des hommes sur les zones poreuses des frontières.

De cette détermination, les deux parties vont se regarder en chiens de faïence en attendant que le dispositif de Buhari baisse la garde et que la consommation de la production locale escomptée ne fasse pschitt.

C’est déjà trop de conditions conjuguées avec trop d’incertitudes pour permettre à Cotonou de désserer l’étreinte autour de sa gorge. Le temps passe et de l’air manque !

Au plan politique, la situation n’est guère à l’avantage de Patrice Talon qui préparerait d’ici à décembre une batterie de mesures constitutionnelles en vue d’aller à l’assaut de la loi fondamentales du 11 décembre 1990, et serait-il aussi à l’initiative d’autres mesures visant l’espace de liberté comme le non renouvellement de l’agrément de ” Soleil Fm” qui se profilerait toujours pour décembre de cette année. Ce serait concocter un cocktail explosif que de faire aboutir ces mesures si la situation aux frontières du Nigéria n’a pas changé.

Patrice Talon a montré par le passé que rien ne se met en travers de son agenda politique. mais cette fois-ci, il ne s’agit pas de questions électorales mais des sujets ayant trait à la survie économique de toute une population. Elles trouveront prétexte à ce qui pouvait paraître comme une provocation d’amer goût si de telles mesures se mettaient en place dans une atmosphère délétère et invivable de fermeture des frontières pour crier leur ras-le-bol et haro sur le baudet “rupture”. La partie risque de ne pas être facile pour le Chef de l’État.

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